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Les 10 commandements de l’écrivain (e)

L’écriture est un chemin semé d’embûches. C’est pourquoi en tant qu’auteur(e)s, nous sommes amenés à douter, que nous soyons amateurs, autopubliés ou en maison d’édition. Il est donc important de ne pas oublier certains points essentiels :

1. Vous allez douter de votre texte quoiqu’il arrive et vous remettre en question. C’est normal quand on y pense. Nous sommes entourés d’autres auteur(e)s talentueux et parfois, nous ne pouvons pas faire autrement que de nous comparer. Seulement, ces doutes ne veulent pas dire que vos écrits n’en valent pas la peine et qu’ils sont mauvais. Chaque personne est différente et l’imaginaire de l’un ne sera pas le même que l’autre. Nous devons apprendre à séparer ce que nous voulons/pouvons écrire et ce que nous fantasmons. J’aurais aimé être à l’origine d’Harry Potter, FMA Brotherhood ou de Dragons, mais je sais que ce n’est qu’un fantasme. Chaque histoire et chaque expérience se valent et ce que vous écrirez ne sera jamais écrit par un autre, comme ce qu’écrit un(e) autre auteur(e) ne sera jamais votre ;

2. Écrire, c’est dur, quoi qu’on en dise. C’est un marathon épuisant que l’on aimerait parfois arrêter. Vous serez fatigué(e)s, énervé(e)s, frustré(e)s, mais ne lâchez rien ! Car à la fin, quand vous aurez terminé votre texte, la satisfaction que vous ressentirez écrasera tout le reste ;

3. Si vous êtes autoédité(e), vous êtes autant méritant que les autres. L’autoédition demande beaucoup de travail et beaucoup de courage ; 

4. On sera forcément déçu par des proches. Certains ne seront pas enthousiastes, voire réfractaires. C’est comme ça et il faut faire avec. Là-bas, il y a d’autres personnes, des inconnus, de futurs lecteurs qui adoreront ce que vous faites. Parce que si vous aimez ce que vous écrivez, quelqu’un d’autre aimera ;

5. Laissez-vous guider par la passion. Je parle ici de ma propre expérience. Malgré les burnout, la fatigue et les difficultés de la vie, je n’ai jamais abandonné l’écriture. C’est ma passion, ma vie. Et dès que je doute, il y a une petite voix qui me murmure : continue. Et je n’ai jamais arrêté de l’écouter ;

6. Ne laisser personne vous décourager ou vous rabaisser. L’écriture est un art magnifique et écrire est une preuve de courage et de force (à mon sens) ;

7. Arrêter ne veut pas dire abandonner ;

8. Dans tout ce que vous écrirez dans la vie, vous irez peut-être au bout de 20 % de vos projets. Ce n’est pas grave ! Sur mon ordinateur et dans mes carnets, j’ai une trentaine de projets qui ne verront jamais le jour. Et je vais bien !

9. Apprenez à distinguer les projets que vous trouvez intéressants et ceux qui vous transportent. Car ne l’oubliez pas, l’écriture est un marathon. Si un projet ne vous passionne pas, ou ne vous tient pas à cœur, vous n’y viendrez jamais à bout. Ou du moins, vous souffrirez. 

10. Lâchez prise. C’est dur, mais primordial. Quand on lit ce qu’on écrit, nous sommes toujours tentés de corriger encore et encore. Ne nous mentons pas à nous même, nous pourrions corriger un roman indéfiniment. Mais ce n’est pas ce que l’on souhaite, bien au contraire. Malgré les doutes et la peur, il faut un jour accepter de laisser son bébé partir et l’aimer comme il est.

Si ces mots vous ont aidé, n’hésitez pas à les partager avec d’autres !

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Lettre à ma jeunesse

Ceci est une lettre à mon moi de 13 ans, mais aussi à mon moi du futur.

Chère moi. Des années sont passées depuis les premiers mots que tu as écrits. Auparavant, tu écrivais dans tes journaux intimes que tu finissais par jeter au bout d’un mois, sur tes blogs que tu fermais après quelques semaines. Alors que toutes ces choses restaient inconstantes, tu as su trouver dans l’écriture de romans et de nouvelles, une vraie passion, un besoin vital.

Tu auras 13 ans lorsque tu souhaiteras écrire ton premier roman. En regardant sur divers sites, tu trouveras de nombreux conseils te disant de commencer par de courtes histoires avant d’entamer un roman, voir une série littéraire. Seulement, c’est tout ce que tu souhaiteras écrire, une longue histoire de fantasy !

Cette histoire, tu commenceras à l’écrire, malgré les avis d’internet, et tu garderas ta nouvelle passion secrète, car dehors les vipères sont nombreuses.

Combien de fois, des camarades se sont-ils moqués de toi et de tes rêves ? L’écriture est devenue trop importante pour risquer que quelqu’un la piétine. Alors tu vas écrire seule dans ta chambre, tu chercheras de nombreux conseils sur le web, que tu mettras en application. Tu apprendras qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on lit, que tous les auteurs ne sont pas Dieu et que leur manière d’écrire n’est pas la tienne. Après grand nombre de frustration, tu comprendras ta manière de fonctionner et ton propre processus d’écriture. 

Ce que j’aimerais te dire aujourd’hui, grâce à cette lettre que tu lieras peut-être, est que le chemin vers l’acceptation sera long.

Tu écriras pendant dix longues années en secret. Tes amis, ni même ta famille ne sauront jamais rien avant tes 23 ans. Ce temps te permettra de grandir, d’acquérir une confiance en tes écrits que tu n’as pas aujourd’hui. Ce temps est précieux, car grâce à lui, lorsque tu découvriras les réseaux sociaux, tu ne ressentiras rien qui puisse te faire arrêter, tu ne regarderas pas les autres et te dire que tu ne vaux rien. Tu ne seras pas tenté d’écrire pour satisfaire ton audience, mais simplement pour toi, tu ne subiras pas la pression que peuvent ressentir certains. Ce temps, chéris-le…

La route sera longue. Tu abandonneras de nombreux projets et tu ne les termineras pas tous. D’ailleurs, le premier roman que tu écriras finira à la poubelle. J’aurais aimé te dire de ne pas le faire, car plus tard, tu aurais aimé le lire. Je pense qu’il est trop tard aujourd’hui… 

Ton second roman, tu l’écriras entièrement sur papier durant des vacances en Martinique ou t’ennuieras un peu. Le troisième se perdra sur ton ordinateur. 

Tu penseras que le suivant est projet spécial, tu penseras être prête à écrire la série de fantasy que tu souhaites depuis toujours. Tu vas dessiner une carte, créer un monde, dessiner tes personnages ! Et un jour, tu regarderas tout ça et tu te rendras compte que cela ne va nulle part…

Pourtant, tu refuseras de l’accepter, tu t’entêteras, tu essayeras d’écrire et tu te forceras pendant plusieurs années…

Le temps passera. Ce temps précieux qu’on ne chérit pas assez.

Il passera et il te fera comprendre que tu dois lâcher prise. Ce roman n’est pas le bon et tu devras laisser la place à tes autres idées pour qu’elle puisse fleurir dans ton esprit.

Tu accepteras ce premier échec avec difficulté, mais la suite sera plus simple. Tu parviendras à reconnaître les projets qui en vaillent la peine, ceux qui te transporteront, ceux qui te passionneront suffisamment pour que tu y puisses y passer des années et des années sans t’en lasser. Ces projets, tu les choieras et tu les haïras aussi. Tu voudras les oublier et les reprendre chaque jour. N’aie pas peur, c’est normal. Ces romans sont une partie de toi, ils sont comme des enfants que tu verras grandir, parfois dans l’amour et d’autre fois dans la colère. Puis, un jour, tu devras les laisseras partir…

Tes proches finiront par savoir que tu écris. Tu le leur diras avec timidité au départ, puis avec assurance. Parfois, tu seras déçu par leur manque d’investissement et d’autres, tu seras heureuse de les avoir à tes côtés. 

Tu dois aussi savoir que l’écriture est semée d’embûches, de belles rencontres, de mauvaises expériences, de tristesse et de bonheur. Embrasse tout cela ! 

Un de tes romans sera un jour publié dans une maison d’édition, mais cette expérience s’avérera douloureuse, presque traumatisante. Tu auras peur de refaire confiance et tu douteras longtemps. Tu te diras : y arriverais-je un jour ? Est-ce que cela en vaut la peine ? Oui ! Cela en vaut vraiment la peine ! 

L’écriture est un bel art que tu apprendras à manier jour après jour. Un art complexe que tu aimeras malgré ses difficultés. Tu trouveras des personnes pour te lire, tu t’autopubliera et tu seras aussi publiée par une maison d’édition. Tu verras tes livres sur des liseuses et imprimer. Les gens en parleront, se réjouiront. 

Tout ce que tu as lu précédemment n’en vaut-il pas la peine ? C’est aussi pour cela que tu as commencé à écrire. Après avoir lu ta première série de fantasy Les bannis et les proscrits de James Clemens, tu n’as rêvé que d’une chose : créer tes univers, les partager pour que d’autre ressentent les mêmes émotions. 

Alors, n’abandonne jamais et souviens-toi toujours de tes premières fois : la première fois que tu as écrit, la première fois que tu as terminé un roman, la première fois que tu as publié seul ou en maison d’édition, la première fois que l’on t’a lue, la première fois qu’on t’a dit que ton univers était unique et brillant.

Souviens-toi aussi de ton professeur d’anglais que tu rencontreras aux Pays-de-Galles, un voyage que tu feras pour te retrouver et aussi pour respirer. Cet homme te dira : « Tu es spéciale et ta volonté d’accomplir tes rêves est unique. Les gens comme toi sont rares. Je suis sûr que tu réussiras. » 

Et il a raison. Tu réussiras.

La petite sirène noire

Depuis l’annonce du
casting de La petite sirène (Film 2020), le hashtag #NotMyAriel a enflammé
Twitter. En effet, l’actrice qui interprétera cette fois Ariel est noire…

« Pourquoi pas une Tiana blanche Blonde , pourquoi pas une Anna asiatique et une Pocahontas australienne , peut être que certains sont pas d’accord par racisme mais pour moi Ariel  devrait ressembler à la Ariel blanche et rousse qu’on connaît #NotMyAriel »

« Éh, les personnes « racicées » qui parlent à longueur de journée d’appropriation culturelle, pour tout et son contraire. La Petite Sirène, écrite par un danois et décrite comme blanche, interprétée par une personne noire, c’est quoi ? Les autres dites rien… #NotMyAriel »

« Hypocrisie des gens outrés en permanence par le « whitewashing » et l’appropriation culturelle mais qui avec La Petite sirène, protagoniste blanche d’une œuvre danoise du 19e s., inhérente à la culture européenne, n’y voient aucun problème. Drôle de double standard #NotMyAriel »

La plupart des
commentaires négatifs que j’ai pu lire démontrent plusieurs choses :

  1. Un manque de connaissance par rapport à l’oeuvre originale ;
  2. Une incapacité à comparer le comparable et à avoir une vision globale ;
  3. Un manque de connaissance sur ce qu’est réellement le whitewashing et l’appropriation culturelle (mais ça, ça sera pour une autre fois). 

Alors la question c’est
: pourquoi une Ariel noire ne devrait pas vous déranger, mais qu’une Moana
blanche, oui ? 

1. Ariel est une sirène. 

Cela semble échapper à certains, mais Ariel n’étant pas humaine, la notion d’ethnie ne s’applique pas… Certes, son visage et le haut de son corps pourraient prêter à confusion, mais sa queue de poisson nous rappelle très vite qu’elle est une créature mythologique. Demander à ce qu’elle soit absolument blanche en s’armant de faits “scientifiques” et en voulant mettre une soi-disant logique de son côté n’a pas de sens. 

2. Pourquoi comparer Ariel à Mulan ou Moana ? 

L’histoire de Mulan est
tirée du personnage légendaire chinois Hua Mulan, qui s’est battu sous la
bannière de l’empereur Taiwudi (408–452) contre les Mongols. Moana est une
jeune polynésienne dont l’histoire est influencée par celle de ses ancêtres.
D’ailleurs, le résumé du film nous dit “Vaiana, la légende du bout du monde
raconte l’aventure d’une jeune fille téméraire qui se lance dans un voyage
audacieux pour accomplir la quête inachevée de ses ancêtres et sauver son
peuple.”

Pour ces deux personnages,
leur ethnie est essentielle à l’histoire. S’ils étaient blancs, toute la
logique de ses oeuvres s’effondrerait. 

Ces personnages (comme
bien d’autres) ne sont donc pas comparables à Ariel, car cette dernière est une
SIRÈNE. Sa couleur de peau n’a pas d’importance et aucune influence, comme la
peau violette d’Ursulla !

3. Rien n’est logique, quoi qu’on en dise.

Nous parlons d’une oeuvre fictive ou une sirène parle à un crabe et à un poisson et où Ursulla à la peau violette ! Beaucoup, parle de réalisme en sortant des pseudo thèses. La réalité est que, ce qui dérange ces personnes est la couleur de peau de l’actrice et rien d’autre (racisme quand tu nous tiens). Encore une fois, il s’agit d’une sirène et rien ne pourra justifier qu’elle soit blanche ou noire, à part le fait de vouloir coller exactement à l’adaptation de Disney (je tiens à le préciser, qui est une adaptation édulcorée de l’oeuvre originale). 

4. Ce n’est qu’une adaptation.

Bien que dans l’oeuvre
originale, on devine que la peau d’Ariel est blanche, nous ne devons pas
oublier qu’il s’agit d’une adaptation parmi tant d’autres. Alors oui, l’oeuvre
de Disney a été la première, mais il est temps d’arrêter de l’aduler comme la
sainte oeuvre du siècle en crachant sur tout ce qui suit. Surtout que l’unique
chose qui fasse polémique à l’heure actuelle est la couleur de peau de
l’actrice. Couleur de peau qui, je le répète, n’aura aucune influence sur
l’histoire de La petite Sirène. 

J’aurais préféré que
tout internet s’inquiète de l’histoire, de la trame, de ce qu’aura à offrir
cette énième adaptation. Mais apparemment, la couleur de peau d’Ariel (tandis
qu’Ursulla jouée par une femme blanche ne dérange personne) est un sujet plus
important ! 

Je comprends que
certaines personnes restent profondément attachées au premier design d’Ariel,
mais cela ne devrait pas les rendre virulents quant au changement, surtout
quand celui-ci apparaît après plusieurs adaptations “fidèles” (je mets ce mot
entre guillemets, car le seul “problème” touche la couleur de peau de l’actrice
et non le film en lui même…).

À toutes ces personnes
qui se soucis de la couleur de peau de la sirène, n’ayez crainte, il y a eu
d’autres films dans le passé. D’ailleurs, le dernier en date, avant celui de
2020, est sorti en 2018. Attention au puriste, la sirène est chatain ! 

L’Oeuvre d’Andersen, une métaphore à une histoire impossible :

Beaucoup parle de
l’oeuvre originale de la petite Sirene sans la connaître, sans même l’avoir lu,
en pensant que le film de Disney est une représentation exacte du texte
original. C’est faux. 

D’ailleurs, le compte de
La petite sirène est une métaphore à un amour impossible entre Andersen et un
autre homme. 

« Je me languis de toi comme d’une belle fille de Calabre. Mes sentiments pour toi sont ceux d’une femme. Mais la féminité de ma nature et notre amour doivent demeurer un secret », écrivait Hans Christian Andersen à Edvard Collin en 1835, alors qu’il était âgé de 30 ans. C’est Edvard Collin lui-même, le fils de Jonas Collin, membre du comité directeur du Théâtre Royal et bienfaiteur d’Andersen, qui rapportait ces aveux amoureux dans ses propres Mémoires, parues après la mort d’Andersen. Et d’y préciser : « Je me trouvais dans l’impossibilité de répondre à cet amour, et cela a fait beaucoup souffrir Andersen. »

Pour en apprendre plus, un article intéressant : https://www.franceculture.fr/litterature/et-si-la-petite-sirene-etait-en-fait-un-homme

(Ceci n’était qu’une parenthèse, car j’aime faire trembler les homophobes.) 

Artiste : @nicoledessine (Twitter) ; taranicolewhitaker.com 

Pour conclure cet
article, je souhaiterais ajouter qu’importe le nombre d’adaptations qui
suivront la première, le film d’animation créé par Disney ne disparaîtra
jamais. Cette Ariel n’est peut-être pas la vôtre, mais elle deviendra celle de
future génération, et peut-être qu’elle inspira et fera rêver d’autres enfants
(pas uniquement noirs) dans le futur. 

C’est aussi un beau
message. Beaucoup pourront regarder ces deux sirènes différentes, partageant la
même histoire. 

Lorsque j’étais jeune,
trouver un personnage de dessin animé (ou autre) qui ne soit pas caricaturé ou
ridiculisé était impossible. Lorsqu’on me disait que j’étais moche parce que
j’étais noire, ou quand on me comparait à mes amies blanches pour me dire que
j’étais l’aide et sans valeur, j’aurais aimé voir plein de personnages
magnifiques à qui me référer pour me rassurer. 

Quelles que soient les motivations
de Disney derrière cette adaptation, cela arrive enfin, bien trop tard pour
moi, mais au bon moment pour les autres.

“White people complaining they cast a black girl as Ariel: Disney created 49 films from 1937-2009 before delivering their first black princess with Tiana.  Black girls watched an entire catalog NEVER seeing themselves. For 70 years.” > Les Blancs se plaignant qu’une fille noire ait été choisie pour jouer Ariel : Disney a créé 49 films de 1937 à 2009 avant de créer leur première princesse noire avec Tiana. Les filles noires regardaient un catalogue entier sans jamais se voir. Depuis 70 ans.

Pour lire le compte : http://feeclochette.chez.com/Andersen/petitesirene.htm

Micronouvelle #1 – Le cristal

Malgré le jour qui régnait en maître et le soleil éblouissant, le cristal resplendissait et luisait d’un éclat surnaturel et grandiose. Je plissai les yeux, captivée par son énergie et intimidée par sa puissance. Il flottait au milieu de rien, maintenu par des forces invisibles qui me faisaient frissonner. Au fil des histoires que m’avait racontées ma grand-mère, j’avais imaginé cet artefact plus étrange et laid, au vu de la magie sombre qui l’avait rendu célèbre. En réalité, il n’était que beauté… Comment un tel joyau, si lumineux au centre de ce paysage poétique pouvait-il être la source de tant de malheur ? Tous les doutes qui m’avaient assailli durant ma quête s’envolèrent. La vision de ce cristal m’avait lavé de toute culpabilité, de mes remords et de la peur. Plus je le regardais et plus j’exultais. Il semblait me susurrer « Ensemble, nous serons grands. Ensemble, nous serons puissants. ». Et je le croyais. Toutefois, une voix plus obscure me venait en écho de ces dernières pensées : « Désormais, tu m’appartiens ». Et en effet, dès l’instant où j’avais posé les yeux sur lui, je lui appartenais… 

Illustration : Benoît Leloup
Art station : https://t.co/Tv0CF2c83l
Twitter : https://twitter.com/Beloup_Art

Critique Wattpad – Terre de prisonniers – Tome 1

Il est important de préciser que cette critique ne concerne que mon avis personnel et le ressenti que j’ai eu en lisant cette histoire (et Dieu sait que je suis une lectrice difficile). Toutes les informations seront à prendre ou à laisser. Au bon vouloir de l’auteur(e). Je ne suis pas une auteure parfaite et il est plus facile de critiquer les œuvres des autres que d’appliquer ses propres conseils, mais je fais cela dans le but d’aider ce qui le souhaite. Attention ! Cette critique contient des spoils.

Nom : Terre de prisonniers — Tome 1
Auteure : @liliopu
Statut : Terminé — 33 chapitres

Résumé : Ça y est, ils sont tous partis. Il est midi et la cellule d’Harley, 16 ans, s’est ouverte. Tous les « gentils » sont partis sur Timere, cette nouvelle planète habitable. Laissant les prisonniers sortir et voir la lumière du jour. Mais Harley n’est pas dupe. Elle sait qu’une anarchie ne peut fonctionner et que cette histoire finira en bain de sang.

Sa survie était programmée et rien ne pouvait empêcher sa réussite. Enfin, ça, c’était avant l’apparition de cet homme, à l’étang.
Entre survie et amour, Harley parviendra-t-elle à se reconstruire ?

***

La critique sera courte, car je n’ai pas pu aller jusqu’au bout du récit (et du coup, j’aurais peut-être moins à en dire). Non pas que l’histoire soit inintéressante (c’est le contraire), mais l’exécution est maladroite.

Je m’explique.

[Je mets en lumière beaucoup de points négatifs dans cette critique. Ne vous arrêtez pas à ce que je dis et n’hésitez pas à aller lire cette histoire et à donner votre avis. C’est grâce aux retours qu’on reçoit (négatifs comme positifs) qu’un auteur est capable de s’améliorer. Et c’est parce que je souhaite que les autres s’améliorent que je fais tout ça:)]

L’univers :

L’univers est très peu décrit et c’est bien dommage. On sait que les personnages évoluent dans une forêt, mais encore… À cause de ce manque de description, j’ai eu du mal à me projeter. La SF est l’occasion d’explorer de nouveaux univers, une terre transformée. Pour moi, il s’agit d’une opportunité à ne pas laisser passer !

Note : écrire de longues descriptions n’est pas une obligation, mais un minimum est, je pense, nécessaire pour que le lecteur s’imprègne d’un univers (surtout lorsqu’il ne le connaît pas)

Point fort : un résumé qui présage une bonne histoire. Un potentiel intéressant à développer.

Point faible : très peu de descriptions.

L’intrigue :

Je ne pourrais pas parler de l’intrigue puisque je ne suis pas allé suffisamment loin dans l’histoire. J’aimerais toutefois pointer quelque chose qui m’a chiffonné. La relation entre Zak et Harley. Leur rencontre, leurs échanges, tout va trop vite et manque de crédibilité. Je pense que cela est dû à des personnages mal développés et une histoire trop rapidement exécutée.

Conseil : avant de vouloir créer une relation entre deux personnes, il est important de bien les développer individuellement.

Les personnages:

Pour moi, le bon développement des personnages est essentiel à la réussite d’une histoire et c’est sur ce point que j’ai le plus à dire.

Parlons du personnage principal : Harley.

On a l’impression de voir tout et son contraire avec elle. Certaines de ses actions se contredisent avec la description qui nous est faite. Peut-être est-ce un moyen de rendre le personnage complexe. Malheureusement, cela est mal exécuté.

On peut écrire une scène où le personnage à un comportement qui nous échappe. Peut-être à cause d’un élément qu’on nous apprendra plus tard. C’est utile quand on veut créer du mystère, mais dans le cas d’Harley, il y a trop d’éléments contradictoires. Du coup, on est juste confus.  

Le personnage d’Harley est décrit comme une personne forte, caractériel aux multiples talents (arts martiaux, arbalète, survie, etc.), alors ses réactions sont celles d’une adolescente apeurée et fragile qui se cache derrière un masque de dureté. Du coup, lorsqu’elle sort des répliques du style « vous ne voulez pas me voir énervée » ça sonne faux.  

[SPOIL]

Par exemple, dans le chapitre 2, Harley dit que si elle devait mourir, ça serait en se battant. Mais lorsqu’elle chute et que le gangster la rattrape, elle reste comme tétanisée, effrayée. Peut-être était-ce un moyen de donner le beau rôle à Zak qui la sauvera ? (je tiens à préciser que ce type de réaction face à une agression de ce type est normal, juste que cela ne colle pas avec la description faite d’Harley)

D’ailleurs, les motivations du gangster sont obscures. Pourquoi veut-il la tuer ? J’aime lorsqu’il y a une motivation derrière chaque chose, même la plus tordue. Or, ici, on a l’impression qu’il veut s’en prendre à elle juste pour s’en prendre à elle et ajouter une scène d’action dans le récit.

Un autre exemple, dans le chapitre 6, elle dit qu’elle n’a peur de rien, qu’elle n’hésite jamais et pourtant, on la vue agir de cette manière plus tôt (avec le gangster). Elle dit aussi qu’elle n’aime pas parler et pourtant, c’est le personnage le plus bavard à mon sens… Peut-être qu’il y a une raison derrière son hésitation face au gangster ; une raison derrière son côté soudainement loquace. Seulement, il est important de l’expliquer d’une certaine manière pour éviter de faire passer cela comme une incohérence.

Conseils : lorsque je construis un personnage, je me pose toujours la question : pourquoi ? Même si la réponse que j’ai ne sera pas explicitement dite dans le texte, il est important que tout ce qui concerne le personnage (de son histoire à son caractère) fasse sens pour moi pour que cela soit cohérent sur papier. Pourquoi le personnage a-t-il agi de cette manière ? Pourquoi pas d’une autre ? Quelles sont ses motivations ? Pourquoi se comporte-t-il ainsi alors que dans le chapitre précédent rien ne nous y préparait ?

L’écriture :

Premier point qui me chagrine : j’aime les textes à la première personne, mais pas quand le personnage semble me parler. C’est quelque chose qui m’a toujours dérangé. De manière plus objective, l’écriture est simple et fluide. Je n’ai buté à aucun moment sur des tournures de phrase étrange ou d’énormes fautes d’orthographe.

Dernier point, l’abus des dialogues. L’essentiel des chapitres (en tout cas, dès qu’Harley est introduit à d’autres personnages) se compose principalement de dialogue et malheureusement, un récit bien écrit ne peut pas uniquement se reposer sur ça.

Points faibles : l’impression que le personnage nous parle (mais cela n’est que mon ressenti personnel). L’abus des dialogues.

Points forts : lecture facile et fluide

Remarques générales :

Je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire à cause des points énumérés au-dessus. L’histoire a du potentiel, mais l’univers n’est pas assez développé, tout comme les personnages. Immédiatement, j’ai ressenti une inspiration de la série « Les 100 » que j’aime beaucoup et je sais qu’avec du travail, il est possible à l’auteure de créer quelque chose de plus captivant.

Conseils/axes d’amélioration :

  • Ne pas se baser uniquement sur les dialogues pour créer son récit.
  • Travailler les descriptions (surtout dans un univers de SF).
  • La cohérence du texte et des actions de certains personnages.
  • Soigner le développement des personnages.

***

N’hésitez pas à vous rendre sur le profil de l’auteure pour découvrir son récit !   

Cette critique est aussi disponible sur Wattpad : https://www.wattpad.com/745118014-chroniques-critiques-conseils-ferme-critique-2

Critique Wattpad – Sept Souffles – Humains

Il est important de préciser que cette critique ne concerne que mon avis personnel et le ressenti que j’ai eu en lisant cette histoire (et Dieu sait que je suis une lectrice difficile). Toutes les informations seront à prendre ou à laisser. Au bon vouloir de l’auteur(e). Je ne suis pas une auteure parfaite et il est plus facile de critiquer les œuvres des autres que d’appliquer ses propres conseils, mais je fais cela dans le but d’aider ce qui le souhaite.  Attention ! Cette critique contient des spoils.

Nom : Sept souffles – Humains
Auteure :  @chelseasilenajackson
En cours : 58 chapitres lors de cette critique

Résumé : Dans un futur lointain à la suite d’une catastrophe, le monde a changé, les gens ont évolué. Sur les ruines d’un ancien pays se dresse le Royaume de Rose ou les mots d’ordres sont : Obéir ou Mourir. Aussi le profil bas et l’intégration sont plus qu’une histoire de survie. Désormais, jamais être différent n’a été aussi mortel.

C’est une histoire de jeunes, une histoire de familles, d’amitiés, de trahisons, de pouvoirs et une chose est certaine : Tout le monde n’en sortira pas indemne…

***

Sept souffles – Humains est une histoire dystopique qui se déroule dans un univers post-apocalyptique. Lors de ma lecture, j’y ai senti des inspirations fortes comme Hunger Games ou encore X-Men. Ici, nous suivons le parcours de sept personnages différents dont les destins se croisent et se lient aux file de l’intrigue. On pense au départ qu’ils n’ont rien en commun, si ce n’est pour certains des liens d’amitié, mais très vite, nous comprenons qu’autre chose de plus mystérieux se trame.

L’univers :

On en apprend énormément dès le début. Peut-être trop. Avoir un univers riche est une force qu’il faut savoir exploiter et souvent, je retrouve la même erreur. Lorsque l’on possède un univers complexe, nous avons tendance à vouloir en révéler un maximum pour « aider » le lecteur à s’y retrouver. Le problème, c’est que nous le perdons.

Dès le début de Sept Souffles – Humains, beaucoup d’informations sont données alors qu’elles ne sont pas totalement utiles, et celles qui le sont, ne sont pas suffisamment expliquées. A mon sens, dans un récit de ce genre, il est important de diluer toutes ces données pour les rendre plus digestes. Il faut savoir faire le tri entre ce qui est nécessaire de savoir dans l’instant et le reste, qui pourra être délivré plus tard. Cette méthode permet aussi au lecteur de connaître et comprendre l’univers de manière progressive et moins brutale.

Point fort : Univers riche

Points faibles : trop d’informations données trop vite et de manière maladroite. Les données utiles dans l’immédiat ne sont pas bien expliquées (ou de manière trop confuse).

L’intrigue :

Nous avons affaire à énormément de bouleversements dès le premier chapitre et tout va trop vite. Cela n’est pas un problème en soit, mais je me suis retrouvée perdue, car je ne comprenais pas encore les règles de base de cet univers (ou ce qui avait été expliqué n’avait pas encore été digéré).

Par moment, les transitions étaient trop brutales. Celle qui m’a le plus embêté est celle entre le chapitre « Pour ma promesse » et « Jeu, feu et sang ». J’ai compris l’intention de l’auteure, mais je n’ai personnellement pas adhéré. Ce type de transition entre deux scènes est appréciable quand elle est bien effectuée. L’objectif étant d’aller directement à l’essentiel et d’instaurer un peu de suspens pour garder le lecteur en haleine. Toutefois, il faut faire attention, car lorsque cela est mal exécuté, l’inverse ce produit. On est confus, perdu et un peu frustré.

Certaines relations restent prévisibles et c’est bien dommage. Heureusement, j’ai été surprise par la suite. Qu’il s’agisse des actions de certains personnages, de leurs secrets ou d’une situation inattendue.

Attention toutefois aux incohérences.

A plusieurs reprises, j’ai été ennuyée par certaines scènes que je trouvais peu crédibles. J’avais l’impression qu’elles étaient présentes afin de délivrer des informations utiles, mais que cela avait été fait maladroitement.

[SPOIL]

Un exemple : le comportement de Sarah lorsqu’elle rencontre Cameron. En effet, elle se montre extrêmement compatissante et baisse rapidement sa garde alors qu’elle ne le connait pas et qu’elle vit dans un royaume où les êtres comme Cameron sont montrés comme dangereux. Elle n’hésite pas une seconde à sacrifier son onguent durement gagné pour lui… Cela ne m’aurait pas dérangé si dès le début du récit, on m’avait montré que Sarah pouvait faire preuve d’une telle compassion, qu’elle considérait les Évolués comme des personnes à défendre. Or, comme ce n’est pas le cas, cette scène paraît étrange. On nous dit que le royaume est ouvertement contre les Évolués, mais à aucun moment on ne nous fait comprendre clairement que Sarah à un esprit totalement à l’opposé.

Un autre exemple avec le chapitre « le pouvoir des mots ». Je trouve que la question de Calliope sur la rencontre de ses parents tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Pourquoi Callie n’a-t-elle pas posé la question plus tôt ? Peut-être l’a-t-elle fait, mais n’a pas eu de réponse ? Ou peut-être qu’elle le sait, mais que c’est une histoire qu’elle aime entendre à chaque fois qu’elle va mal ?

Elle découvre alors que son père est Aaron et elle semble un peu surprise. Pourquoi sa mère ne lui a-t-elle pas dit avant ? Lors de son aveu, elle n’avait pas l’air de vouloir le lui cacher particulièrement. Dans le texte, on dit que sa mère, Mathilde, est discrète, mais cela n’est pas une justification suffisante. On parle de son père ! Est-ce que Callie sait que son autre père n’était pas son père de sang ?

Voilà toutes les questions que je me suis posées en lisant ce passage !

Je trouve également dommage que Callie n’ait pas fait de réflexions sur le fait que Sarah et Lucas étaient ses demi-frère et soeur. Comment se sent-elle à propos de ça ?

Piste : Par rapport à l’intrigue, cela aurait été intéressant que Callie découvre le lien de sa mère avec Aaron pendant la conversation secrète qu’à Mathilde avec le père. Et qu’ensuite, Callie demande plus d’informations sur sa famille et le secret qui l’entoure.

Conseil : tout au long d’un texte, je me pose constamment la même question : pourquoi ? Savoir y répondre de manière cohérente vous garantit que le lecteur n’aura pas à se les poser (sauf si un quelconque mystère est nécessaire pour la suite de l’intrigue).

Points forts : le lien entre les personnages et les mystères qui entourent certains d’entre eux. De très bonnes surprises, malgré un texte en apparence prévisible.

Points faibles : transitions trop brutales par moment, des scènes peu crédibles qui soulèvent beaucoup de questions (sur la cohérence du texte).

Les personnages :

Matthieu est le personnage de l’histoire que j’apprécie le plus. Il est intéressant et on reconnaît facilement sa voie (contrairement aux autres). Il se distingue et est attachant. On voit que derrière la timidité et l’effacement, il y a une certaine assurance quant à son intellect et ses capacités. Il n’est peut-être pas à l’aise en société, mais il gère avec les machines. Lan, son patron est agréable à détester. Il est égoïste, irrespectueux et hautain. Il est également bien écrit.

Une incohérence m’a chiffonné : les origines d’Alois, car c’est un homme noir. Durant le chapitre 7, il est décrit comme ayant des origines lointaines, car il est originaire d’un pays d’Afrique. Cela n’est pas logique quand notre monde actuel précède l’univers de ce livre. Dans ce futur, au final, tous les personnages, qu’ils soient blancs ou racisés, ont également des origines lointaines. Sauf si l’auteure souhaitait expliquer que les origines d’Alois étaient encore plus lointaines, car l’Afrique est le berceau de l’humanité (?).

J’ai remarqué un manque de diversité dans ce texte. La diversité ne doit pas être forcée, mais elle reste importante. Pour ma part, c’est naturel d’ajouter des personnage divers parce que je suis une femme noire et lesbienne et que mon entourage se constitue de personnes queer, racisées et handicapées.

Je comprends que ce ne soit pas le cas de tout le monde et que dans nos écrits, nous avons tendance à nous inspirer de ce que l’on connait. Même physiquement, dans ce récit, les personnages ne se distinguent pas nécessairement. En tout cas, rien ne m’a marqué, à par la description d’Alois parce que c’est le seul noir, ou celle de Matthieu.

A noter : la diversité ne se fait pas qu’à travers l’ethnie, mais aussi dans l’orientation sexuelle, dans le physique (obésité, maigreur, couleurs de cheveux, des yeux, malformation), etc.

La construction des personnages est partielle. Décrire le physique d’un personnage et dire qu’il à un certain caractère n’est pas suffisant. Il est important de montrer tout cela par des actes, car le dire ne suffit pas.

Conseil : lorsque je décris un personnage physiquement, j’aime apporter des précisions supplémentaires pour compléter sa description. S’il a des cernes, pourquoi ? Ses yeux sont verts, mais sont-ils pétillants de curiosité ou fatigués à force des horreurs qu’ils ont vues ? Cela est un moyen efficace pour parler un peu de l’histoire d’un personnage.

[SPOIL]

Exemple : le chapitre 12. Je ne ressens pas d’empathie pour Lucas lorsqu’il se fait fouetter ni pour Sarah lorsqu’elle est face à cette scène. Pourquoi ? Leur relation n’est pas suffisamment développée.

Sur le papier on sait qu’ils sont frères et sœurs, mais il est important de montrer qu’ils s’aiment. Le dire n’est pas suffisamment et la première scène où on les voit ensemble ne nous apporte pas assez d’informations sur l’importance de leurs sentiments.

Dans le chapitre « Jeu, feu et sang », la colère de Sarah est compréhensible, mais reste étrange compte tenu de la manière dont le personnage a été écrit. On ne sent pas au début cet instinct de justice et de révolte. Et comme on ne ressent pas l’amour qu’elle a pour son frère, son intervention fait off.

Points forts : certains personnages bien décrits et attachants que l’on apprécie suivre. De belles surprises sur l’histoire de certains.

Points faibles : les relations entre personnages mal construites par moment.

L’écriture :

L’écriture était parfois lourde et manquait de fluidité. Certaines fautes et tournures de phrases ont gêné ma lecture et parfois, ma compréhension du texte. Rien toutefois qui ne puisse être réglé avec une bonne relecture !

Conseils : tout décrire n’est pas une obligation et aller au plus simple est parfois le plus judicieux.

Remarques générales :

J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, mais cela s’améliore vers le septième chapitre ou je me suis sentie progressivement happée par l’intrigue qui peinait à décoller.

On dit du résumé qu’il est un hameçon, mais le premier chapitre aussi. Et je ne me suis pas senti hameçonnée. Toutefois, en poussant plus loin, on découvre une histoire au potentiel intéressant. Plus les chapitres avancent et plus on est captivé par le récit. Beaucoup de mystère, de découverte et de révélation.

Conseils / axes d’amélioration:

  • Mieux diluer les informations dans le texte
  • Soigner la construction des personnages
  • Prendre son temps pour décrire certains passages et éviter les transitions trop brutales
  • La cohérence du texte et des actions de certains personnages.
  • Show, don’t tell (montrer, plutôt que raconter)

***

N’hésitez pas à vous rendre sur le profil de l’auteure pour découvrir son récit ! Pour ma part, j’ai apprécié le lire 🙂 

Cette critique est aussi disponible sur Wattpad : https://www.wattpad.com/736581645-chroniques-critiques-conseils-ouvert-critique-1

Interview – Tiphs – Une illustratrice que vous allez adorer

Tiphs est une illustratrice dont je suis le travail depuis plusieurs années maintenant. Après l’ouverture de mon blog , l’envie de l’interviewer m’a immédiatement frappé !
Au travers de cet interview, j’espère vous donner envie de découvrir son univers.

C’est parti !

Dans un premier temps, pourrais-tu te présenter ?

Je
suis Tiphs, graphiste et illustratrice freelance travaillant principalement
avec le milieu de l’édition imaginaire et jeunesse.

Quel a été ton parcours scolaire et professionnel ?

Niveau
études, j’ai fait un bac S dans l’optique de devenir géologue, avant d’entrer
sur un coup de tête à l’école de communication visuelle Brassart Nantes, dont
je suis sortie diplômée en 2011. Sauf qu’au cours des stages effectués en
agences de comm, j’ai réalisé que le milieu de la pub n’était pas pour moi.
Comme mon école m’avait aussi appris quelques bases de dessin, j’ai décidé de
me concentrer sur cet aspect-là après mon diplôme, et de cultiver ces bases
jusqu’à atteindre un niveau que je jugeais acceptable pour me prétendre
illustratrice professionnelle. 
Il
m’a fallu quelques années pour me sentir légitime dans ce métier, mais
aujourd’hui, j’en vis à 100%.

Pourquoi as-tu fait le choix du freelancing ?

Parce
que c’était le plus logique.

Une
fois mon diplôme, j’avais le choix entre trouver un poste fixe dans une agence
de pub, me réorienter ou prendre un chemin de traverse pour faire quelque chose
de mes connaissances. Comme il était hors de question que je remette les pieds
dans une agence, j’ai décidé de suivre la voie qui m’avait toujours intéressée
: celle du dessin.
Et dans ce domaine, les contrats
classiques (CDD, CDI, dans des bureaux) sont quasi-inexistants.

Peux-tu nous dire quel a été le moment précis où tu as su que c’était le bon moment pour devenir freelance (avec l’assurance que tu pourrais en vivre) ?

Je
n’avais pas l’assurance d’en vivre quand je suis devenue freelance. En fait,
pendant des années, j’ai cumulé mon travail d’illustratrice avec des missions
d’intérim, des saisons d’été et d’hiver comme serveuse, réceptionniste,
barmaid, animatrice… je suis même partie en visa vacances-travail en
Nouvelle-Zélande ! J’aimais beaucoup la liberté de cette situation, pour être
honnête.

Mais
« le » moment où j’ai arrêté tout ça et décidé de me concentrer à
100% sur mon entreprise s’est produit il y a bientôt deux ans, après un grave
souci de santé qui m’a rendue inapte à exercer la plupart des métiers
sus-cités. Je n’ai pas eu d’autre choix que faire en sorte que ça marche. Me
demande pas comment, parce que j’en sais rien, mais ça a marché.

Le freelancing est quelque chose d’assez solitaire ? N’est pas difficile ? Aussi, comment arrives-tu à t’organiser ?

Effectivement,
c’est plutôt solitaire, vu qu’on n’a pas de collègue, mais étant de nature
solitaire, la situation me convient pile poil. Le plus dur, c’est justement de
réussir à s’organiser, car on n’a pas de patron pour nous taper sur les doigts
si on arrive en retard au travail, ou qu’on en part trop tôt. Ça demande
beaucoup d’auto-discipline, mais avec une to-do list et des factures à payer,
on finit par réussir.

Préfères-tu le traditionnel ou le numérique ? Pour ma part, j’utilise les deux à parts égales, mais pas pour les mêmes choses/projets.

Dans
le cadre de mon activité, je ne travaille qu’en numérique. C’est un medium plus
pratique lorsque l’on traite avec des clients, qui ont souvent besoin de
retoucher un élément du dessin ou les couleurs. Ça permet de modifier
l’illustration facilement, et je trouve également cela plus confortable. 
Par contre, à titre personnel, j’adore dessiner au crayon
de papier.

Dans le cas du numérique, quel(s) logiciel(s) utilises-tu ?

Toute
la suite Adobe, Photoshop et Illustrator en particulier.

Comment trouves-tu tes clients de manière générale ?

Grâce
aux réseaux sociaux, j’ai réussi à développer une base assez solide, qui se
renforce lors des salons littéraires. Sinon, j’ai beaucoup travaillé sur le
référencement de mon site internet, et à l’heure actuelle la plupart des
demandes viennent de là.

Les années t’ont-elles aidé à te constituer une clientèle fixe qui te permet aujourd’hui de ne plus « chercher », ou comme au début, tu traques constamment les nouvelles opportunités ?

J’ai
eu beaucoup de chance, car je n’ai jamais eu à chercher quoi que ce soit. Je ne
suis pas le genre à répondre aux appels d’offre sauvages lancés sur Twitter ou
Facebook, c’est une façon de faire qui me met mal à l’aise (« voici un contrat
: battez-vous. »). Par contre, je reste ouverte à toute possibilité : si
demain on me propose un projet qui sort de ma zone de confort et que mon
planning le permet, je dirai sûrement oui, parce que j’adore le challenge et
explorer de nouvelles compétences. Grâce à ça, mon éventail de compétences
s’agrandit, et le nombre clients potentiels aussi.

Ta communauté a-t-elle grandi du jour au lendemain ou cela a pris des semaines, des mois, voir des années d’acharnement ?

Ça
se fait petit à petit, mais j’avoue ne pas faire d’efforts particuliers pour la
faire grandir. Mon but en postant sur facebook, instagram, ou même wattpad,
c’est avant tout de partager mon travail avec ceux que ça intéresse, d’échanger
et de passer de bons moments. À l’heure actuelle, je n’ai pas une
« grande » communauté en comparaison d’autres artistes, qui ont des
dizaines de milliers de fans, mais ça me convient.

Aurais-tu un conseil pour ceux qui peinent à démarrer dans le métier de freelance ?

D’oser
demander de l’aide. Quand je me suis lancée, ni pôle emploi ni l’URSSAF n’ont
su me dire dans quelle catégorie d’auto-entreprise me mettre (il y en a des
tas, avec des zillions de sous-catégories), ni quelles obligations
s’appliquaient. Toutes mes réponses, je les ai trouvées en posant des questions
à d’autres freelances, puis j’ai fait le tri.

Qu’il
s’agisse d’aide ou même juste de soutien moral (lancer son entreprise est
flippant ; ne pas savoir si on aura de quoi payer son loyer dans deux mois est
flippant ; être livré à soi-même avec la compta et les taxes surprises est
flippant ; beaucoup de choses sont flippantes), il ne faut pas hésiter à en
parler, à demander des conseils.

Parlons maintenant de tes inspirations ? Quelles sont-elles ?

Il
y en a beaucoup. J’ai été bercée aux Disney et aux Ghiblis, j’ai grandi en
lisant Harry Potter, Ewilan et un tas de romans d’imaginaire, mes parents m’ont
traînée aux quatre coins de l’Europe dans le camping-car et je vadrouille dès
que j’en ai l’occasion maintenant que je suis adulte… en fait, je me nourris de
tout ce qui passe à ma portée.

Comment décrirais-tu ton style ?

Semi-réaliste,
coloré et euh, avec une touche de mélancolie ? On m’a dit récemment qu’il y
avait toujours un petit côté « dark soft » dans mes illustrations,
mais au-delà de ça je ne sais vraiment pas comment qualifier mon style,
j’avoue.

Comme toi, j’illustre des romans. Pour toi, lire le roman que tu vas illustrer est-il nécessaire ou un simple spitch est-il suffisant ?

Je
le faisais au début, avant de me rendre compte que ce n’était rentable. Un
pitch doit être suffisant. Lire un roman prend des heures, et si je veux
espérer payer mes factures, je ne peux pas sacrifier ces heures-là alors que je
pourrais les passer à travailler.

Il me semble que tu travailles principalement dans le domaine de l’édition (même si ton activité ne se résume pas à ça). Est-ce dû à ta passion pour l’écriture ?

Tout
à fait ! J’ai posté mes textes sur internet pendant très longtemps, et c’est
grâce à mes connexions avec d’autres auteurs du net que j’ai commencé à
travailler dans ce milieu. Quand ils se sont fait publier, certains ont parlé
de moi à leur éditeur, et tout a découlé de ça.

Concernant ton projet Ulule. Premièrement, félicitations ! Combien de temps t’a-t-il fallu pour la préparer en amont ?

Merci
beaucoup ! Le projet a été monté assez vite, puisque j’en ai eu l’idée sur un
coup de tête en décembre. Il m’a fallu environ deux mois pour tout mettre en
place.

Pourquoi as-tu décidé de faire une campagne de financement participatif, et pourquoi un carnet de croquis ?

Parce
qu’imprimer des livres coûte cher, et que j’aime le côté interactif du
financement participatif, toute l’émulation créée par cette fichue jauge et la
façon dont le produit final se transforme au fil des paliers franchis.
Quant au choix du sketchbook, tout simplement par envie.
Je disais plus haut que j’adorais dessiner au crayon de papier, du coup j’ai un
joli stock de croquis amassé au fil des ans et des défis comme l’Inktober.
C’est aussi une question d’unité esthétique.


Comment as-tu vécu cette expérience ? Cela a été épuisant, j’imagine.

Plutôt,
oui, mais qu’est-ce que c’était chouette. J’ai passé un mois sur un nuage,
portée par tout le soutien reçu. Quand on a l’habitude de partager son travail
gratuitement sans restriction depuis des années, les gens ont tendance à
prendre ce fait pour acquis et à bouder quand il faut, finalement, sortir le
porte-monnaie (je l’ai encore constaté sur wattpad récemment lorsque j’ai
annoncé l’édition d’un de mes romans). De fait, je n’étais pas certaine du
succès de la campagne.

Le
plus difficile a été de trouver comment animer mes réseaux sociaux sans que ça
devienne monotone. Trouver de quoi varier les contenus pour éviter de répéter
« donnez-moi votre argent » en boucle. Après, le premier et le dernier
jour ont été incroyables. Le premier, parce que tout se déclenche et qu’on
découvre le pouvoir hypnotisant de LA JAUGE qui se remplit au fur et à mesure,
et le dernier parce que les retardataires se réveillent et que tout s’emballe
de nouveau comme au début, après plusieurs semaines de calme. 
Une fois la campagne finie, j’ai dormi 14h.

Comment t’es-tu organisée pour cette campagne ? Choix de l’imprimeur, des contreparties, temps, travail, etc.

Pour
commencer, j’ai fait un petit tableau avec tout ce que j’envisageais comme
contreparties, avant de les classer soit dans des packs, soit dans des paliers
bonus au cas où on atteindrait les 100%.
Ensuite, j’ai ouvert tous les artbooks de ma collection pour
chopper des noms d’imprimeurs, auxquels je suis allée demander des devis pour
établir mon budget. C’est l’étape la plus longue, parce qu’il faut comparer les
prix de tout le monde pour chaque truc qu’on veut produire, et recalculer à
chaque palier. Mais une fois fini, le plus gros était fait.

Après
ça, j’ai préparé ma page Ulule et tous les visuels de promo, rédigé des
ébauches de newsletters histoire de ne pas être prise complètement au dépourvu,
etc. Et tout ça, bien sûr, entre 21h et 2h du matin, parce qu’il fallait travailler
le reste de la journée.

Une dernière question : à tous les passionnés qui nous lisent, qu’ils soient écrivains, illustrateurs ou autres. Quels mots aurais-tu as dire pour ceux qui souhaitent en faire leur métier ?

Osez.

Peut-être
que vous allez échouer comme vous le craignez, mais peut-être aussi que vous
allez réussir. Vous n’en serez jamais sûrs tant que vous n’essaierez pas.


Une dernière (la vraie cette fois haha) : j’aime demander des choses philosophiques parfois. « L’imagination, opium du monde ». Que t’inspire cette phrase ? Pour toi, quel pouvoir a l’imaginaire ? Quel pouvoir ont les histoires que nous racontons, dessinons ou lisons ?

Pour moi, l’imaginaire est un voyage
qui n’emprunte jamais les mêmes chemins, où il est impossible de s’ennuyer.
Grâce à nos histoires, écrites ou dessinées, on embarque d’autres personnes
avec nous, des personnes qui n’ont pas forcément l’habitude d’arpenter ces
chemins-là ou qui n’en ont plus la capacité. En ceci, l’imaginaire a deux
pouvoirs principaux : celui d’ouvrir un peu plus les esprits, et celui d’aider
à les soigner.

***

J’espère que cet interview vous aura plu ! Pour découvrir l’univers de Tiphs c’est par ici : https://www.tiphs-art.com/
N’hésitez pas non plus à la suivre sur les réseaux sociaux :
Facebook : https://www.facebook.com/TiphsArtiste/
Instagram : https://www.instagram.com/tiphsartist/

Interview – B.B. Hara, une auteure d’avenir

J’ai découvert B.B. Hara sur le groupe Facebook Wattpad-France. Alors que j’étais à la recherche de nouvelle lecture, elle m’a proposé son texte.

J’ai dans un premier temps été captivée par la couverture de son livre (qui était encore à l’état de brouillon à l’époque), puis par son résumé. Parlons de coïncidence ou de destin, mais des semaines plus tôt, j’avais lu divers textes sur les vieilles légendes bretonnes. J’ai donc été agréablement surprise de découvrir une histoire qui reprenait l’une d’entre elles : Ys, la ville engloutie.

Et je n’ai pas été déçue par cette histoire prometteuse dont je n’ai pu lire que les prémices. Une plume agréable, des personnages divers et attachants, une belle aventure… Que demander de plus ?

Mais je ne vais pas en dire davantage puisque B.B. Hara est là pour nous parler de son roman et de son quotidien d’auteure.

D’abord, un petit résumé !

Résumé : Killian, jeune paysan désenchanté, déterre par hasard un objet extraordinaire, tout droit surgi d’un lointain passé. Commence pour lui un voyage fantastique vers la cité engloutie d’Ys, où dorment les trésors et les âmes maudites… Mélange d’action, de folklore traditionnel, d’aventure et de fantasy, Les Murmures d’Ys revisite la Bretagne du XIIe siècle, entre réalité et légendes aussi merveilleuses que glaçantes !

Bonjour B. B. Hara. Dans un premier temps, pourrais-tu nous parler de l’origine de ton pseudonyme ?

Bonjour à toi, Laëtitia ! Merci pour cette interview. Mon pseudonyme vient d’abord de mes initiales : le premier B pour mon nom de famille, le deuxième pour mon prénom, Barbara ! Le choix du H à « Hara » est le fruit d’une rencontre avec un maître du hanko, l’art des sceaux japonais. Pour créer un sceau basé sur mon prénom, nous avons décortiqué ce dernier en deux syllabes compatibles avec des kanji (idéogrammes). Cela nous a donné « ba » et « hara ». Ensuite, j’ai choisi la graphie que je souhaitais adopter, sachant qu’il existe de nombreux kanji qui se prononcent « ba »… Le maître m’a proposé le kanji signifiant « mer », mais j’ai préféré celui du cheval. Avec le « hara » (« étendue, plaine »), mon hanko donne Ba-Hara, cheval dans la plaine ! J’ai adoré l’idée, et ce moment échangé. J’ai donc décidé de l’intégrer à mon pseudonyme.

Écrire est une passion qui m’a prise assez tôt. Quand as-tu découvert les joies de l’écriture ? Aimerais-tu en vivre, ou cela s’arrête-t-il à un hobby ?

J’écris aussi depuis longtemps ! Petite, je composais des poésies dans des carnets, avec le texte sur la page de droite et un dessin sur celle de gauche. Plus tard, j’ai constitué des sortes d’encyclopédies sur les chevaux, sur l’occultisme… Vers 12 ans, après avoir vu Titanic, j’ai tenté d’écrire un premier roman autour du diamant Hope. Je voulais faire une grande fresque pleine de mystères, de malédictions, depuis les mines indiennes à l’Angleterre. Hélas, je crois n’avoir pas dépassé les quatre chapitres !

À l’adolescence, je pensais n’avoir rien à raconter. Poussée par mes amis et mes professeurs, j’ai tout de même tenté un concours régional de nouvelles noires et policières… Et bim, j’ai remporté le premier prix ! J’ai eu une longue période de scénario ensuite. J’ai fait des études de montage audiovisuel, utiles pour apprendre le découpage, la rythmique.

En 2010, je suis définitivement (re)venue au roman avec la première version des Murmures d’Ys. J’ai vraiment plongé à 100 % à ce moment-là. Je pense que les « trouve-toi un vrai métier » m’avaient condamnée à considérer jusque-là l’écriture comme un « hobby », quelque chose de secondaire. Maintenant, avec le recul et l’expérience, la voie m’apparaît très claire. Je veux parvenir à vivre de mes écrits afin de faire ce pour quoi je suis faite, et arrêter de perdre mon temps avec des boulots alimentaires.

Quelles sont tes inspirations ? Les auteur(e)s qui t’ont le plus inspiré, marqués ? De manière plus générale, qu’est-ce qui t’a donné envie de raconter des histoires ?

Je pense que les récits d’aventures du Club des Cinq d’Enid Blyton m’influencent encore aujourd’hui. J’adorais le côté groupe, débrouillardise, exploration, et je rêvais de vivre les mêmes choses que ses héros. Parmi mes films culte, on retrouve d’ailleurs Les Goonies. Je rêve toujours de mettre la main sur le trésor de Willy le Borgne !

L’Appel de la forêt de Jack London m’avait mis une grande claque pour la sublimité du Wild, mais également son univers violent et sans pitié. Les auteurs du fantastique comme Poe, Oscar Wilde, Le Fanu ou Lovecraft ont nourri mon côté sombre de jeune adulte. Et, bien sûr, je suis obligée de citer Le Seigneur des Anneaux (via la trilogie de Peter Jackson) et Harry Potter ! En manga, Pandora Hearts de Jun Mochizuki m’a beaucoup aidée, à une période où je traversais une crise artistique. Ses personnages charismatiques, ses nombreux mystères et son intrigue tentaculaire m’ont fait reprendre conscience du pouvoir infini d’une histoire bien menée.

Que représente l’écriture pour toi ?

Un besoin ; il y a trop de choses dans ma tête. Même quand il ne s’agit pas de mon univers, je ne peux m’empêcher d’étendre les scénarios des séries que je vois, d’imaginer mille et une séquences, d’échafauder des théories qui ne se vérifieront sûrement jamais… J’adore ça. Écrire est un moyen de donner une forme concrète à ce tourbillon. J’aime cet instant de grâce, après une séance d’écriture, où l’on se sent libéré, fier et heureux du travail accompli.

J’aimerais principalement parler avec toi de ton roman Les Murmures d’Ys. Parfois, un détail, un nom, une musique nous inspire des histoires entières. Par exemple, pour un de mes romans, le prénom « Léo » a été le point de départ de tout. Quel a été le tien pour ton roman ?

Il se pourrait que Les Murmures d’Ys soit effectivement parti d’une musique ! Ou, plus précisément, de l’album de Tri Yann, Le Pelegrin. J’imagine très bien un lever de soleil, les paysans partant aux champs sur la chanson I Rim Bo Ro. Tu peux aussi considérer la piste suivante, Je m’en vas, comme la chanson de Killian !

D’autres facteurs sont aussi entrés en jeu, comme ma fascination pour le mythe d’Ys, ou encore mon attirance pour l’aventure et les grands espaces. J’ai eu la chance de faire le chemin de Stevenson lorsque j’étais adolescente, du Puy-en-Velay à Saint-Jean-du-Gard. J’en garde un souvenir impérissable et depuis lors, j’ai toujours eu envie d’écrire un livre sur la Route.

J’ai déjà lu la légende de la ville d’Ys et apprécie que tu empruntes des aspects de cette légende bretonne. Pourquoi cette légende en particulier et pas une autre ?

Je crois que les villes englouties parlent à notre subconscient. Elles sont comme un retour aux origines, un retour à la mère. Je les trouve aussi extrêmement romantiques, hors du temps, un monde caché sous la surface. Elles sont les témoins d’une grandeur qui fut et qui n’est plus. J’ai dédié un billet de mon blog à ce thème, si cela t’intéresse ! http://bbhara.com/villes-englouties/

La Matière de Bretagne et l’imaginaire celtique me passionnent depuis toujours. Ils sont si riches, si denses, si fascinants ! Prendre le mythe d’Ys (plutôt que l’Atlantide, par exemple), le remodeler à ma sauce m’a paru comme une évidence. Mais j’infuse aussi d’autres légendes à la saga, quitte à les revisiter de façon très libre, ou à les déconstruire totalement !

« Aujourd’hui encore, il arrive que, par temps calme, les pêcheurs de Douarnenez entendent souvent sonner les cloches sous la mer et disent qu’un jour Ys renaîtra. Plus belle que jamais. » La légende d’Ys, la cité engloutie : https://www.bretagne.com/fr

J’ai découvert ton livre sur Wattpad. As-tu réussi à trouver de nombreux lecteurs et soutiens sur cette plateforme, ou l’essentiel de tes lecteurs vient-il d’ailleurs ?

En fait, je ne sais pas encore d’où viennent mes lecteurs… Publier un livre est nouveau pour moi. À l’époque de la mise en ligne sur Wattpad, je n’ai pas eu énormément de vues/votes/commentaires, mais les personnes qui me suivaient étaient très assidues. Leur fidélité et nos échanges ont illuminé mes journées ! La plateforme offre une visibilité très limitée aux débutants, aussi je pense qu’il vaut mieux considérer la qualité des retours plutôt que leur quantité. À partir du moment où il est publié, le livre fait également sa vie tout seul. Sans que je ne fasse rien pour le mettre en avant, Les Murmures d’Ys a aujourd’hui dépassé les 900 vues. J’ignore comment ces nouveaux lecteurs tombent dessus, et s’ils seront présents pour soutenir l’édition papier… Si vous me lisez, je compte sur vous !

Travailles-tu actuellement sur d’autres projets ou es-tu entièrement tournée vers Les Murmures d’Ys ?

Je suis entièrement dédiée aux Murmures d’Ys. J’ai cependant d’autres projets dans les tiroirs, en particulier une série écrite entre 2012 et 2016, répartie sur deux tomes d’environ 300 pages chacun. Je ne sais pas encore si elle subira des réécritures légères ou profondes, donc je préfère ne pas entrer dans des détails pointus… Ce que je peux dire, c’est qu’il s’agit d’une histoire très sombre, plus proche de la tradition fantastique classique que de la fantasy. De nombreux personnages gravitent, avec pour chacun des secrets, des intérêts, une toile qui se dévoile au fil des chapitres. J’y aborde des thèmes comme le double, la poursuite de l’immortalité (ou simplement d’une vie, pour la plupart des personnages), et surtout, la quête de soi.

Pourquoi choisir l’auto-édition et non la publication traditionnelle ? Un projet de financement participatif pour ce roman se prépare n’est-ce pas ? Comment vis-tu cette expérience ?

Il y a neuf ans, après avoir écrit la première version des Murmures d’Ys, j’ai d’abord tenté l’édition classique. Avec le recul, je trouve ce manuscrit très mauvais… Mais il m’a permis d’obtenir des retours personnalisés de grandes maisons qui m’ont donné des pistes pour m’améliorer (Castermann, L’École des Loisirs, et Gallimard qui m’a relue trois fois ! Je les remercie vraiment pour leur patience). J’ai passé les années suivantes à travailler, écrire d’autres romans, et je peux désormais affirmer qu’entre mon style d’aujourd’hui et celui d’hier, c’est le jour et la nuit !

En parallèle, au fil du temps, j’ai aussi découvert plus en détail le milieu de l’édition et ses problématiques. J’en ai conclu que l’indépendance, loin d’être une voie de garage, m’offrirait une totale liberté, et peut-être plus de chances d’espérer vivre de mes créations. Je suis une touche-à-tout. Collaborer avec une correctrice, une illustratrice, penser des goodies, créer un blog ou une bande-annonce, tout ça me passionne et me permet d’apprendre une foule de choses. Et oui, je vais bientôt lancer une campagne Ulule ! C’est un énorme travail, et c’est hyper excitant. Rendez-vous compte : j’ai appris à utiliser un tableau Excel, à calculer les pourcentages des charges sociales, des commissions, voir si je rentre dans mes frais, etc. ! En plus d’être auteure, je deviens chef d’entreprise, éditrice, community manager… Je n’ai jamais autant appris que maintenant. Quoi qu’il m’arrive dans le futur, en empruntant cette voie, je me serai beaucoup enrichie.

Peux-tu partager avec nous ton processus d’écriture. Utilises-tu des techniques particulières pour écrire et trouver des idées ? Post-it, tableau, technique divers et varié aux noms étranges ?

Hum, je n’ai pas de technique très cadrée… Je ne fais pas de fiches personnages, par exemple. Je les laisse plutôt m’apprendre qui ils sont, et je prends parfois une note pour bien m’en imprégner. Pour ma série en deux tomes, après avoir fini le T1, j’ai fait un post-it par personnage avec la phrase qui le définissait le plus à ce stade-là du roman, et son désir le plus profond, le but ultime vers lequel il voulait aller. J’avais affiché ça sur mon mur et ainsi, j’avais toujours en tête ce que je considérais être leur essence… Ensuite, je les ai laissés réagir aux événements chacun à leur manière, pour le meilleur et pour le pire. C’est une façon de faire assez risquée dans le sens où l’auteur n’a qu’un contrôle très modéré. Au dernier tiers du livre, soudain, tu t’aperçois qu’untel s’est pris dans une spirale et qu’il ne s’en sortira pas. L’écrivain peut encore intervenir avec un deus ex machina, mais est-ce réellement intéressant ? J’avoue avoir un faible pour les histoires sans corde de sortie providentielle, avec des protagonistes jusqu’au-boutistes que les événements changent peu à peu en monstres, en sauveurs, ou quelque chose entre les deux. J’admire beaucoup le scénariste Gen Urobuchi. Il sait pousser ses personnages jusqu’à leurs limites. Regardez Psycho-Pass ou Aldnoah.Zero avec l’incroyable destin de Slaine Troyard !

Concernant la construction de l’intrigue, j’imagine d’abord pêle-mêle tout ce que j’ai envie de voir. J’essaie ensuite d’organiser ces idées en faisant un plan global. À ce stade, j’aime bien vérifier avec la méthode Vogler (cf son ouvrage The Writer’s Journey) si l’ensemble tient le coup. Mais attention ! La méthode ne doit pas dicter le contenu ; elle sert simplement de boîte à outils pour régler d’éventuels problèmes. Au-delà de la trame, je pense qu’il est important de ménager des espaces flous pour se laisser surprendre. Se faire confiance aussi, car chaque roman reflète l’état d’esprit de l’écrivain. Sans que l’on s’en rende compte, un propos sous-jacent se tisse et donnera son « âme », son unité au texte.

Dernièrement, j’essaie de travailler davantage cette idée d’unité, de la contrôler à l’échelle du chapitre. Avant d’en attaquer un nouveau, j’écris une phrase clé, puis je fais le plan. Je tente ainsi de développer une idée centrale qui donnera une couleur particulière à l’ensemble. Bien sûr, cette idée reste sous-jacente, elle n’est pas exprimée de but en blanc — sauf si c’est la pensée d’un personnage, et qu’il choisit de la formuler. Mon objectif, c’est de laisser un sentiment, une impression au lecteur, ou qu’il vienne à se faire par lui-même la réflexion que je souhaitais lui transmettre. Comme pour mes autres « techniques », c’est assez empirique. Je teste !

« L’imagination, opium du monde ». Que t’inspire cette phrase ? Pour toi, quel pouvoir à l’imaginaire ? Quel pouvoir ont les histoires que nous racontons (et lisons) ?

Je n’aime pas trop le mot « opium »… À mon sens, il est connoté négativement.

Je dirais que les histoires nous permettent de dépasser notre condition humaine. Et que l’imagination est notre plus grande force, mais aussi notre plus grande faiblesse. Notre force, car elle a permis à notre espèce de voir au-delà, de se projeter, de concevoir des outils qui nous ont permis de survivre et de nous élever. Notre plus grande faiblesse, parce que notre imagination est limitée. Elle nous enferme dans des concepts, des univers où l’on se sent en sécurité. Or la nature, le hasard, les concours de circonstances se débrouillent toujours pour nous rappeler que notre esprit ne peut pas tout englober ! Écrivains, scientifiques ou inventeurs de tout poil sont à mes yeux de la même nature : des explorateurs entre le réel connu et l’imaginable inconnu, qui tentent toujours d’aller plus loin.

J’espère que cet interview vous aura donné envie de découvrir cette auteure et de lire le début de son roman Les murmures d’Ys sur Wattpad : https://www.wattpad.com/story/154103872-les-murmures-d%27ys-l%27ordre-de-la-croix-d%27argent

N’oubliez pas, si l’histoire vous plait, soutenez B.B. Hara pour l’autopublication de son roman ! https://fr.ulule.com/murmures-dys/?utm_campaign=presale_85503

Et pour découvrir son univers, c’est par ici : http://bbhara.com/

A bientôt !

Interview de S.N. LEMOING – Auteure et Scénariste

L’article d’aujourd’hui sera un premier interview avec l’auteure/scénariste S.N. Lemoing. En plus d’être une auteure dont j’apprécie les écrits, elle est une personne qui m’a déjà apporté son soutien et dont les conseils m’ont souvent aidé.

Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur son travail en tant qu’auteure indépendante.

Nous avons déjà eu l’opportunité d’échanger à plusieurs reprises et je connais bien ton travail, mais pour ceux qui ne te connaissent pas, pourrais-tu te présenter ?

« J’ai toujours aimé écrire, parler des choses dont on ne parle pas assez ou de ce qui est tabou. »

Bonjour, mon nom de plume est S. N. Lemoing, j’ai 32 ans et je viens de la région parisienne. J’ai toujours aimé écrire, parler des choses dont on ne parle pas assez ou de ce qui est tabou. L’audiovisuel est un milieu qui m’intéresse beaucoup également, j’ai suivi des études littéraires et cinématographiques. Mais comme on vous laisse rarement votre chance, et encore moins quand vous êtes une femme, je me suis tournée vers l’autoédition en 2015 pour pouvoir écrire les histoires que j’avais en tête sans restriction.

Les lecteurs.rices me l’ont bien rendu puisqu’ils ont été de plus en plus nombreux, il y a eu pas mal de chroniques et d’avis sur mes romans. Je crois qu’on peut dire que j’ai la particularité d’écrire dans des genres assez différents. J’ai tendance à faire beaucoup de recherches pour que les choses soient le plus exact possible, parfois, j’expérimente moi-même comme pour les arts martiaux. Ça aide pour certains genres !

Combien de romans/nouvelles as-tu écrits jusqu’à présent (titres/genres) ?

Alors, le tout premier a été « Powerful – Tome 1 : Le royaume d’Harcilor » en juin 2015. C’est de la fantasy médiévale avec de nombreux personnages, de la magie, des enjeux politiques et bien d’autres choses. En 2016, il y a eu « Mes 7 ex : Juliette », de la chick-lit décomplexée. D’ailleurs, ce roman vient tout juste de ressortir chez Litl’Book éditions. La même année, j’ai publié « Shewolf – Tome 1 : L’apprivoisement », de la fantasy urbaine différente de ce qu’on trouve habituellement. L’année suivante, j’ai publié le 1er épisode de « Les Calices du temps », une série très hybride avec du voyage dans le temps, du contemporain et de l’historique. On peut y trouver pas mal de références à la pop culture également. Quelques mois après, j’ai publié l’épisode 2.

Pour un concours sur le thème de la masturbation féminine, j’ai écrit une nouvelle « Celle qui donne du rythme ». Ensuite, pour un concours de fantasy américain, j’ai écrit une nouvelle « The Cloud Fairies » en anglais. Il faut que je la traduise en français. C’est de la fantasy médiévale orientale qui se passe aussi dans le ciel : une princesse part à l’aventure pour demander de l’aide aux fées des nuages. Et dernièrement, avec une autrice, nous avons lancé un recueil de nouvelles sur le thème du harcèlement de rue. J’ai écrit l’une des nouvelles « En colère », dans le genre contemporain, où une jeune femme se fait importuner en se rendant à un entretien d’embauche (entre autres).

J’ai aussi co-écrit une série « Urban Nemesis » il y a plusieurs années, mais dans le cadre d’un nouveau site qui vient de sortir « Pitchséries », je l’ai ressortie des placards. C’est un site qui a pour but de faire découvrir des scénarios pour qu’ils se fassent adapter en films ou séries. Cette histoire parle d’un petit groupe d’amis qui se met aux arts martiaux pour démanteler un gang dans leur cité. Mais même entre eux, il y a des rivalités. On découvre une autre facette des cités, les personnes qui travaillent, étudient, et qui sont aussi impactées par les dealers. Quand mes amis m’ont proposé ce projet, j’ai tout de suite accepté.

Tu es une auteure aux genres multiples. Parmi
tous les genres littéraires que tu exploites : fantasy, fantastique et
contemporain par exemple, lequel reste ton favori, celui avec lequel tu aimes
le plus expérimenter ?

C’est vraiment difficile, si je n’écris que de
la fantasy, il y a un moment où je ressens le besoin d’écrire du contemporain,
et inversement, si je n’écris que du contemporain, des envies de fantastique me
démangent lol. Mais disons que le fantastique aide, car on peut marier les
deux. Rester dans un univers et un ton contemporain, faire vivre des événements
tout à fait normaux aux personnages et aux lecteurs, et en même temps, y
inclure des passages surnaturels qui peuvent apporter des questionnements qui
nous dépassent.

Qu’est-ce qui t’a donné le goût d’écrire ? Tu étais
auparavant assistante de production dans l’audiovisuelle. Le souhait de créer,
de raconter des histoires t’a-t-il toujours habité ?

Dès que j’ai su écrire, je me suis mise à inventer des petites histoires. L’envie de raconter a toujours été là. C’est à l’adolescence que j’ai découvert le cinéma et l’écriture de scénario, j’aimais bien cette idée de faire prendre vie à l’histoire et aux personnages. Et puis, il y a aussi tout le travail des costumes, des décors, la mise en scène. En fait, je pense que ça m’a apporté des choses des deux côtés. De connaître les deux méthodes, de faire sortir les histoires des pages et de les rendre virtuelles. On fait attention à de nouveaux détails. Et revenir à l’écriture pure et dure, ça m’a aussi apporté beaucoup pour des scénarios. On entre encore plus dans les pensées des personnages, par exemple. Il y a des choses qu’on ne peut pas montrer à l’écran à partir d’un livre, il faut l’adapter, le modifier, et vice-versa. Ça devient une gymnastique très utile !

Comme beaucoup d’autres personnes, même si j’aime travailler sur des tournages, il y a un moment où on en a un peu marre d’aider les autres sur leurs projets, surtout quand on voit le manque de professionnalisme qui est assez répandu. Un tournage, c’est très physique, très éprouvant, et souvent, le résultat n’est pas là parce que tout le monde ne se donne pas à fond, alors le film est abandonné, personne ne veut le diffuser, car la qualité visuelle laisse à désirer, etc. Quand je fais quelque chose, j’y vais à 100 %, donc c’est assez frustrant dans un premier temps, et aussi, j’avais l’impression de perdre beaucoup de temps alors que mes projets persos étaient bien définis. Il fallait que je mette l’audiovisuel de côté pour m’adonner davantage à l’écriture.

Un exemple de gâchis : à une période, j’ai bossé dans une boite de prod où le producteur ne produisait que les courts-métrages de ses amis dont les histoires n’étaient pas super intéressantes, et à côté, je lisais les scénars qu’on nous envoyait et faisais des fiches de lecture. Il y en avait des cent fois mieux, le genre de films qui sont nommés aux Oscars, une comédie originale et rythmée, etc. Si j’avais eu le pouvoir de décision, je les aurais sélectionnés direct lol. Bref, cette boite a coulé depuis, c’est bien la preuve que leurs choix n’étaient pas les meilleurs.

Une question que je me pose souvent, car
l’expérience de chacun reste différente : comment s’est passée l’écriture
de ton premier roman (le premier que tu as écrit dans le but d’une publication
future. Je ne parle pas des nombreux brouillons et exercices qui peuvent
précéder) ? Pour ma part, c’est une vraie souffrance ! Et je parle au présent,
parce que j’ai récemment décidé de reprendre mon premier livre pour la dernière
fois. J’ai l’impression qu’il est plus complexe de se détacher de son premier
roman. Qu’en penses-tu ?

Oui, je comprends complètement. Le 1er a été le plus long à écrire pour moi, plusieurs mois, presque un an même ! En fait, ce qui m’a aidé, c’est que j’avais l’histoire en tête depuis presque 10 ans (je l’avais pas mal ressassée lol) et je l’avais écrite sous forme de scénario quand j’étais à la fac. Un scénario, c’est plus court, une centaine de pages en général, donc là aussi, j’étais avantagée parce que j’avais plus l’habitude de conclure des histoires et de les synthétiser. Comme j’ai vu que personne ne mettrait de l’argent dans un tel projet (un long-métrage de fantasy épique qui vaudrait au moins 1 million d’euros à cause des costumes, décors et nombreux personnages, en France, écrit par une étudiante de 22 ans, et j’en passe), je me suis dit qu’au moins, en le transposant en roman, il n’y avait pas toutes ces étapes éliminatoires. Il y aurait juste les mots, l’imagination et les lecteurs.rices. Ce sont eux qui décideraient si l’histoire leur plaît ou non, si elle tient la route ou pas.

D’un côté, j’ai adoré la possibilité de développer l’histoire. Parce que je pouvais me permettre de rajouter des infos sur le monde, la magie, les lois, les croyances, l’histoire d’Harcilor. J’ai pu approfondir tellement de choses pour lesquelles il n’y avait pas la place dans un scénario, ça, c’était la partie super cool ! Et là où je me suis sentie un peu bloquée, c’était à la relecture. Je me disais « Est-ce que c’est mieux comme ci ou comme ça ? Est-ce que j’explique encore plus ? Est-ce que j’aborde ceci ou cela ? ». On pourrait modifier son histoire à l’infini, en fait. Comment être sûre de sa version finale ? Mais il y a un moment où il faut se demander si on a dit tout ce qui était important et si tout est bouclé. Si la réponse est oui, alors il est prêt à être publié ^^.

Après, il y a une autre chose qui peut aider aussi, c’est que j’avais prévu d’écrire d’autres tomes, et pour les quelques questions restées en suspens, je peux les aborder par la suite ou carrément rebondir dessus. Enfin, c’est ce qui est bien avec l’écriture, quelque part, ce n’est pas définitif. Si plusieurs années après, on se rend compte qu’on aurait pu dire tant de choses sur le passé ou le futur d’un personnage, ou un passage particulier, on peut écrire une nouvelle ou un spin-off pour revenir sur ce point précis.

De manière globale, quel est ton processus
d’écriture ? Te bases-tu principalement sur des plans, écris-tu au fil de
l’eau, ou appliques-tu ces deux méthodes en fonction du projet sur lequel tu
travailles ?

Je pense que je fais un peu les deux. Disons que
souvent, j’ai des idées qui me viennent sans trop savoir où va aller l’histoire.
Alors j’essaye d’imaginer d’autres éléments qui s’y rattacheraient. Si je vois
que l’histoire peut tenir la route, alors je prépare un plan. Comme on dit, il
faut connaître le début, le milieu et la fin. Je m’impose des balises dans l’histoire,
et pour certains passages, j’écris plus au fil de l’eau. Je me dis que ça reste
fidèle à la vie, il y a des moments plus contrôlés, et d’autres, plus
improvisés. Et puis les relectures sont là pour peaufiner le tout, voir si on
garde ou pas. Si on modifie ou réécrit carrément autre chose.

Devenir auteure indépendante, oui, mais pourquoi
avoir choisi le chemin de l’auto-édition ? Bien que récemment, ton roman « Mes
7 ex » (roman anciennement autopublié) a été publié chez les éditions
Litl’books (https://www.litl-book.com/).

L’autoédition, c’est à la fois par choix et parce qu’on n’a pas le choix lol. C’est vrai que c’est toujours mieux d’être édité par une maison d’édition, parce que les lecteurs leur font plus confiance (surtout pour le format papier), parce qu’en dehors de l’écriture, il y a beaucoup de travail et de gestion aussi entre la mise en page, la création ou l’achat de couverture (les auteurs.rices qui sont également graphistes ont la chance de pouvoir faire de superbes couvertures sans intervention, mais ce n’est pas le cas de tout le monde), référencer ses livres, mettre à jour quand il y a des problèmes ou des bugs, faire de la promo, les impôts, etc. C’est chronophage. J’arrivais à m’en sortir au début, avec 3 romans, ça passait. Mais après, ça fait beaucoup de choses à gérer, surtout si on a envie d’écrire plein d’autres histoires. Il y a des auteurs qui ne veulent publier qu’un seul livre par exemple, donc pour eux, c’est pratique, ils peuvent mettre plus de temps dans la partie communication et administrative. Et puis, une maison d’édition, c’est une autre ambiance, on s’échange des astuces entre auteurs.rices, on peut faire des salons.

D’un autre coté, ce que j’aime le plus avec l’autoédition, c’est qu’on reste libre de contacter les blogueurs.ses qu’on veut, quand on veut (enfin, après j’ai de la chance, j’ai trouvé une ME très cool), mais il y en a qui ont des exigences très précises, où vous ne pouvez rien faire et qui veulent vous faire modifier tout votre texte quitte à dénaturer le propos de votre roman, et c’est le genre de ME chez lesquelles je n’aurais pas aimé être !

Comme tu as une bonne expérience dans le
domaine, pourrais-tu nous parler des avantages et inconvénients de
l’autoédition (celui ton point de vue) ?

Oui, donc les avantages, c’est qu’on fait ce qu’on veut, on peut publier un livre d’une ligne. Ça me fait penser à un auteur autoédité américain qui a eu l’idée d’écrire un livre qui ne veut rien dire et qui demande à tout le monde de lui mettre les pires avis sur Amazon pour avoir le livre le plus mal noté du monde lol. C’est un concept qui ne plairait pas à une maison d’édition (quoique, maintenant qu’il a lancé le délire, peut-être ?). Les inconvénients, c’est que ça représente BEAUCOUP de travail. Et plus on a de publications, plus il y a de travail. Après, si l’on ne cherche pas à en faire son métier, à en vivre, on peut écrire sans faire de promo par exemple. Pour les personnes qui ont les moyens, il existe des sites qui font le travail pour vous (mais pas sûr que ce soit si bien fait que ça).

Personnellement, ça a toujours été mon rêve de faire de l’écriture mon métier, alors tout est important : écriture, communication, promotion. Et il y un moment où on ne peut pas tout gérer. Dans mon cas, c’était plus comme un tremplin. Je souhaitais montrer de quoi j’étais capable et si ça pouvait plaire. Et c’est bien aussi pour les histoires trop originales qui feraient peur à n’importe quelle maison d’édition (ce qui est normal). J’ai des idées de ce genre, parce que l’écriture, c’est aussi expérimenter. Donc si plus tard j’ai le temps de les écrire, je sais qu’aucune ME n’en voudra et je les publierai en autoédition.

Peux-tu également nous parler de ta première
expérience auprès des éditions Litl’Books ?

Oui, en fait, c’est justement le genre de maison d’édition sur laquelle je rêvais de tomber. Une ME sympa, dynamique, qui reste dans l’air du temps. Parce que bien avant, j’avais été en contact avec d’autres maisons d’édition, mais ce n’était pas du tout la même ambiance. Il y en a eu deux, plutôt moyennes, auxquelles j’avais envoyé « Powerful » et qui m’avaient dit oui, mais en inspectant leurs sites plus en détail, je me suis rendue compte qu’ils n’avaient aucune actualité, et même pas de comptes sur les réseaux sociaux ! Alors, il n’y a pas besoin de tweeter comme des forcenés toutes les 5 secondes, mais un compte pour rester en contact avec les lecteurs.rices, partager des concours, infos, dédicaces, etc. c’est tout de même super important de nos jours. En plus, ils avaient été très désagréables, prenaient tout le monde de haut. Bref, d’un côté, on se demande si on passe à côté d’une occasion ou pas ? Mais j’avais peur de me retrouver coincée avec un contrat dans une ME pas très pro, donc j’ai préféré continuer en auto-édition.

Il y a même une longue période durant laquelle je n’envoyais plus rien aux ME, je me disais que je ne trouverai jamais. Et un jour, j’ai vu l’appel à textes de Litl’Book sur Instagram, je me suis dit que ça avait l’air sympa, j’ai tenté, et j’ai reçu une réponse positive ! Tout s’est très bien passé, mon roman est passé en correction, a été relooké. Et c’est encore récent, j’apprends encore des choses. Je vais tenter mon premier salon prochainement !

J’ai particulièrement aimé le Tome 1 de
Shewolf (et j’attends avec impatience le deuxième !), peux-tu m’en dire plus
sur tes inspirations ?

Merci beaucoup ! Alors je dois être experte en inspirations chelou lol. En fait, je cherche avant tout à mettre en avant des personnages féminins badass parce que les persos masculins, il y en a déjà des milliers (si ce n’est plus). J’étais passée par quelques expériences d’agressions et harcèlement de rue également, et je voulais en parler. Une jeune femme qui vit un terrible moment, mais qui ensuite, se relève et décide de botter le cul à celui qui s’est attaqué à elle. Il va s’ensuivre une chasse à l’homme en quelque sorte. Elle va essayer de le retrouver pour l’empêcher de faire d’autres victimes, mais la police est aussi sur le coup. À cette époque, il y avait aussi, malheureusement, des affaires de joggeuses agressées. Je voulais en quelque sorte leur rendre hommage, en espérant qu’un jour, il y en ait une, et encore mieux, plusieurs, qui réussiraient à défoncer leurs agresseurs.

Après, j’ai essayé d’imaginer la vie et l’entourage de Stéphanie, le personnage principal. Par exemple, Marina, sa meilleure amie, qui elle a toujours été confrontée à la grossophobie. Toutes les deux ont été abîmées par la vie, essayent de remontrer la pente et s’entraident dans cette épreuve. Steve, lui, est inspiré de l’un de mes cousins et d’amis à moi. C’est un peu comme un grand frère, il a l’habitude d’avoir des responsabilités, c’est un justicier dans l’âme, et il se livre peu. Mais justement, dans le tome 2, on va en savoir plus sur lui ! Les loups-garous, c’était pour ajouter du piment et y inclure une réflexion sur la nature et les animaux, et par la même occasion, le regard que portent les humains dessus. Je mixe pas mal de choses, en fait.

À cette époque, il y avait aussi, malheureusement, des affaires de joggeuses agressées. Je voulais en quelque sorte leur rendre hommage, en espérant qu’un jour, il y en ait une, et encore mieux, plusieurs, qui réussiraient à défoncer leurs agresseurs. Après, j’ai essayé d’imaginer la vie et l’entourage de Stéphanie, le personnage principal. Par exemple, Marina, sa meilleure amie, qui elle a toujours été confrontée à la grossophobie. Toutes les deux ont été abîmées par la vie, essayent de remontrer la pente et s’entraident dans cette épreuve. Steve, lui, est inspiré de l’un de mes cousins et d’amis à moi. C’est un peu comme un grand frère, il a l’habitude d’avoir des responsabilités, c’est un justicier dans l’âme, et il se livre peu. Mais justement, dans le tome 2, on va en savoir plus sur lui ! Les loups-garous, c’était pour ajouter du piment et y inclure une réflexion sur la nature et les animaux, et par la même occasion, le regard que portent les humains dessus. Je mixe pas mal de choses, en fait.

Peux-tu nous parler davantage de Powerfull ?
Comment t’y es-tu prise pour créer cet univers de fantasy riche que nous
retrouvons dans ce roman ?

Alors, je dois avouer que de l’avoir ruminé pendant 10 ans, ça aide beaucoup ! Comme j’ai toujours aimé la fantasy et les jeux vidéo, ça m’a été d’une grande aide aussi. Déjà, je voulais un monde différent de notre planète comme si on repartait à zéro. Un peu comme une utopie, un monde sans religion, sans sexisme, sans racisme, sans homophobie, sans exploitation animale. Mais je voulais garder ce côté cruel qu’on trouve traditionnellement dans la fantasy épique. Donc, disons que tous les humains ne se comportent pas respectueusement, malheureusement. Enfin, c’est un énorme travail, parce qu’il y avait les lois, la magie, l’Histoire de ce monde, la géographie, etc. à trouver. J’ai créé beaucoup de fiches lol.

D’un côté, c’est très fun, mais j’avais déjà écrit des choses un peu dans ce genre même si ce n’était pas à une aussi grande échelle. J’ai passé des heures et des heures (un nombre incalculable) à faire des recherches également. Que ce soit sur l’époque médiévale, pour rester dans une certaine réalité historique, sur certains pays, sur l’Histoire de notre monde pour garder une échelle. Des recherches sur la politique aussi : quel régime mettre en place ? Jusqu’aux moindres détails comme le calendrier : lunaire, solaire, autre ? Et j’aime bien mettre en avant les choses peu connues, donc j’ai souvent opté pour ce qui a disparu ou qui est le moins répandu dans notre monde. En tout cas, ce qui est bien après avoir fait tout ça, c’est que je peux écrire de nombreux tomes, des nouvelles, développer des passages de l’histoire dont je parle vaguement ou sous forme de flash-backs. Ça inspire continuellement tout cet univers et ces nombreux personnages ! J’aime aller au bout des choses, un peu trop peut-être lol ?

Peux-tu nous parler de tes futurs projets et ceux en cours ? (À
moins que cela soit classé secret défense ^^)

Pas de problème, je travaille principalement sur des suites et des spin-off pour le moment. D’un côté, ça va, parce que je connais déjà les histoires et les personnages. Là où ça se complique légèrement, c’est qu’il ne faut pas trop s’éloigner de l’idée originale tout en innovant !

Pour « Shewolf », je peux déjà dire que le tome 2 sera plus long que le 1, il y aura beaucoup plus d’infos sur les personnages. C’est vrai que quand j’ai écrit le 1er, je ne savais pas trop si j’allais avoir des lecteurs.rices, j’ai essayé d’écrire de manière efficace sans trop entrer dans les détails. Et quand il est sorti, ça a été la grosse surprise, il s’est retrouvé dans le top 3 d’Amazon, donc voilà, les réserves que j’avais faites, on va dire, je vais les inclure dans le 2 ^^

Pour ma maison d’édition, j’écris une nouvelle en lien avec « Mes 7 ex », un peu comme un bonus qui se trouvera dans un recueil spécial Noël. Ils font ça tous les ans, c’est sympa, je trouve. On découvre un ex qu’elle n’a pas voulu recontacter contrairement aux 7 autres. J’avais commencé un spin-off aussi « Le recueil des ex » du point de vue des ex de Juliette avec plein de nouveautés. Des suites sont aussi prévues, elles seront racontées du point de vue de ses amies, Charlène et Sophie, qui cherchent des types de relations différents.

Et l’épisode 3 de « Les Calices du temps » que j’ai bien entamé en fait, avec la suite des aventures de Maria et son petit frère coincés à l’époque des Tudors, et parallèlement, leurs parents à Los Angeles qui les cherchent.
Après, j’ai plein d’autres idées, mais comme les lecteurs me réclament surtout les suites (ce qui est normal), j’essaye d’avancer dessus. J’ai d’autres idées de chick-lit sur les coulisses de l’audiovisuel (tant qu’à faire haha). Une histoire de science-fiction qu’on appelle « cli-fi » aussi, ça parle du changement climatique, de notre futur incertain (en fait, celle-ci, je la traîne depuis 10 ans aussi). Et même un thriller, ce qui est rare pour moi ! La réécriture d’un conte en mode super badass. Et d’autres encore, mais on va se calmer et finir ce qui est en cours !

Pour cette dernière question, aurais-tu des conseils à donner aux
auteur(e)s qui nous lisent et qui aimeraient comme toi ce lancer en tant
qu’auteur(e)s indépendant(e)s ?

Oui, l’important, c’est avant tout l’écriture. S’il le faut, laissez mûrir vos idées pour être sûr que l’ensemble soit cohérent, pour développer des éléments. Une fois que ça c’est fait, vous pouvez porter votre bébé partout ! Vous pouvez tenter les maisons d’édition, mais ce que j’aurais aimé savoir à mes débuts, c’est qu’en fait, on estime qu’il faut envoyer ses romans à 40-60 maisons d’édition (comme J. K. Rowling). Enfin, vous pouvez être sélectionné dès la première ou la deuxième, mais si vous en êtes à 30 et que vous avez toujours des refus, c’est normal, en fait. Une maison d’édition, c’est comme rencontrer une personne, vous pouvez avoir sensiblement les mêmes idées, mais il y a des petites choses qui vont faire la différence. C’est imprévisible.

Si vous préférez l’autoédition, il faut bien équilibrer son planning entre écriture, communication, rencontres, etc. Au début, ce sera plutôt facile, mais sur la durée, c’est normal de se sentir dépassé.e. De toute manière, le principal, c’est d’écrire des histoires que les gens aiment, et que vous ressentiez les mêmes émotions en écrivant. Elles se transmettront aux lecteurs.rices. Et ensuite, la pub, ça fait aussi partie du jeu si vous voulez que des lecteurs découvrent vos écrits. Ils ne peuvent pas venir à vous s’ils ne savent pas que vos livres existent. Cette partie n’est pas facile, en général, on n’aime pas « se vendre », mais il faut le faire un minimum si vous voulez faire connaître votre talent. Bon courage en tout cas !

Merci à toi d’avoir répondu à toutes ces questions !

De votre côté, si vous souhaitez retrouver le travail de S.N. Lemoing, rendez-vous ici : https://linktr.ee/snlemoing_author

Ma passion pour les histoires …

Beaucoup disent que se plonger dans l’imaginaire est un moyen de fuir une réalité qui ne nous convient pas, alors qu’à mon sens c’est un moyen de l’enrichir. Écrire, lire, consommer ou créer des œuvres de l’esprit nous permet de vivre d’autres vies, d’autres expériences.  

« A reader lives a thousand lives before he dies, said Jojen. The man who never reads lives only one. » George R.R. Martin, A Dance with Dragons

D’où me vient ce goût pour les histoires, pour l’aventure, pour l’inconnu et la découverte ?

Je me crée des aventures depuis l’enfance ; j’avais même une amie imaginaire qui s’appelait Marie. Je n’ai pas de réel souvenir de mes lectures, mais je me rappelle des dessins animés et films que je regardais à l’époque. J’ai toujours eu une grande fascination pour les histoires et l’aventure des personnages que je regardais à travers mes écrans. Retrouver tout cela à travers la lecture est venu plus tard. Je me souviens du manga Dragon ball, de la BD Yoko Tsuno et Torgal, de tom tom et Tana. La lecture est devenue une passion à mes 13 ans (comme l’écriture), après la lecture du roman La citadelle des cauchemars de Christian Lehmann h

Il faut savoir que je n’ai jamais eu beaucoup de liberté dans ma jeunesse. Mes parents étaient très stricts et étant la seule fille de la famille, cela n’a pas aidé. J’ai été sur protéger et privé de beaucoup de choses : sortie, voyage, anniversaire, soirée entre amis. Des choses banales que je vivais de loin jusqu’à ce que j’obtienne la majorité internationale. Et encore, tout n’était pas aussi simple.

La lecture et l’écriture m’ont permis de vivre différemment ces expériences et de m’en créer des nouvelles encore plus excitantes. Les livres, les séries et les films, toutes ces histoires que je pouvais voir sur papier ou à l’écran m’ont donné le goût de l’aventure et de la découverte…

« C’est quelqu’un que l’homme puisqu’il a trouvé l’écriture. L’écriture la plus noble conquête de l’homme. Le roman, intermédiaire entre l’homme et la vie. » Elsa Triolet

Les histoires sont également de bonnes enseignantes. Grâce à elle, j’ai appris la persévérance, la droiture et l’honnêteté. J’ai appris à me battre pour mes rêves et mes valeurs. J’ai appris à pardonner. Observer des personnages se battre pour leur famille et leurs amis, pardonner, avoir des regrets… vous aide à comprendre certains aspects de la vie et à vous forger.

C’est aussi pour ça que j’aime autant l’écriture. Je veux écrire des histoires qui permettent à d’autres de grandir, de voyager et de rêver ; enfermer une multitude d’émotions différente entre des pages et peut-être un jour sur un écran.

Qu’il s’agisse d’écriture, de lecture, de film, d’animation, de dessin, etc., ces arts sont précieux, car ils nous font grandir et nous accompagnent tout au long de notre vie. Les histoires qu’ils racontent nous servent d’enseignement et parfois nous changent à jamais…

« L’écriture ne m’a jamais quittée. » Marguerite Duras/Ecrire

LC